Fortune d’Edwy Plenel : Mediapart, livres et pouvoir

Hervé Edwy Plenel est né le 31 août 1952 à Nantes, dans la région de la Loire-Atlantique, en France. Il est le fils d’Alain Plenel, un haut fonctionnaire français de l’Éducation connu pour ses convictions humanistes et anticolonialistes. Sa mère, Michèle Bertreux, est également d’origine bretonne, même si la jeunesse de Plenel est plus étroitement associée à l’influence de son père.
La famille de Plenel s’est installée en Martinique lorsqu’il était encore nourrisson. Il a déclaré être né à Nantes et être « arrivé en Martinique alors qu’[il] avait un peu plus de deux ans ». La Martinique est devenue son « pays d’enfance ». Il a grandi en parlant créole et a passé ses premières années parmi des amis antillais locaux.
Il a plus tard décrit la Martinique des années 1950 comme « un petit monde colonial, profondément enraciné dans l’injustice », marqué par de fortes inégalités raciales et par la répression coloniale, la minorité blanche de l’île détenant un pouvoir disproportionné et les grèves ouvrières étant violemment réprimées. Ce contexte colonial, associé à la position anticolonialiste affirmée de son père, a profondément influencé la vision du monde de Plenel dès son jeune âge.
En 1962, alors que Plenel avait environ dix ans, sa famille a quitté la Martinique après que son père a été écarté de son poste dans un contexte de tensions politiques. Après un bref séjour en banlieue parisienne, Plenel s’est installé en Algérie en 1965. Il a terminé ses études secondaires à Alger et y a commencé des études universitaires, passant ensuite un an à étudier les mathématiques et deux ans les sciences politiques à l’Université d’Alger avant de quitter la vie universitaire pour la politique.
La jeunesse de Plenel a été façonnée par les idéaux anticoloniaux et humanistes de ses parents, en particulier de son père. Il s’est décrit comme « un enfant de la question coloniale », reflétant l’influence durable de ses premières expériences en Martinique et en Algérie.
| Fait | Détails |
|---|---|
| Nom | Edwy Plenel |
| Date de naissance | 31 août 1952 |
| Lieu de naissance | Nantes, Loire-Atlantique, France |
| Nom complet | Hervé Edwy Plenel |
| Nom professionnel | Edwy Plenel |
| Statut de la fortune | Sa fortune reste privée, sans chiffre public officiellement vérifié disponible. |
| Profession principale | Journaliste, écrivain, rédacteur et commentateur médiatique |
| Père | Alain Plenel, un haut fonctionnaire français de l’Éducation connu pour ses convictions humanistes et anticolonialistes |
| Enfance | Il a passé sa petite enfance en Martinique, puis a vécu en Algérie. |
| Débuts dans le journalisme | Il a commencé sa carrière journalistique à Rouge en 1976. |
| Carrière au Monde | Il a travaillé au Monde pendant environ 25 ans, de 1980 à 2005. |
| Poste important au Monde | Il est devenu directeur de la rédaction en 1994, puis directeur éditorial. |
| Grand projet médiatique | Il a cofondé Mediapart en 2008 comme journal numérique indépendant. |
| Direction de Mediapart | Il a été président et directeur de publication de Mediapart jusqu’en 2024. |
| Livres et écrits | Il a écrit environ quarante livres et essais sur le journalisme, le pouvoir et la liberté de la presse. |
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Débuts journalistiques à Rouge et au Matin de Paris
Hervé Edwy Plenel a commencé sa carrière journalistique au milieu des années 1970. En 1976, il a rejoint Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en France, où il couvrait des questions politiques et sociales pour cette publication d’extrême gauche jusqu’en 1978. Après avoir effectué son service militaire français, il est revenu au journalisme en 1979 au quotidien Le Matin de Paris, où il écrivait sur l’éducation et d’autres affaires publiques tout en développant ses compétences de reporter. En 1980, après un an dans la rédaction, Plenel a quitté Le Matin de Paris pour Le Monde, mettant fin à sa première période journalistique et commençant un long parcours au sein du grand quotidien national français.
Longue carrière au Monde de 1980 à 2005
Plenel a passé vingt-cinq ans au Monde, progressant régulièrement dans la hiérarchie de la rédaction. Il a commencé comme correspondant chargé de l’éducation de 1980 à 1982 avant de s’orienter vers les affaires judiciaires. Dans les années 1980, il est devenu chroniqueur judiciaire, rédigeant des analyses détaillées de grandes affaires judiciaires et de politiques gouvernementales. Son travail sur des sujets allant de la politique éducative aux affaires judiciaires a construit sa réputation de journaliste rigoureux et précis.
Au début des années 1990, il est devenu chef du service judiciaire du Monde. Au milieu des années 1990, il faisait partie de l’équipe dirigeante du journal. Plenel est resté au sein de la rédaction du Monde jusqu’en 2004 et a quitté le journal à la fin de cette année-là, achevant près d’un quart de siècle au sein du quotidien.
Rôle de directeur de la rédaction et enquêtes politiques au Monde
En 1994, Plenel a été nommé directeur de la rédaction du Monde. Deux ans plus tard, il a pris la pleine direction éditoriale en tant que directeur de la rédaction, codirigeant de fait la rédaction avec Jean-Marie Colombani. Sous leur direction, Le Monde a connu une refonte majeure et a poursuivi une ambitieuse stratégie d’investigation. Plenel a occupé le plus haut poste éditorial de 1996 jusqu’à la fin de 2004, guidant le journal à travers une période de modernisation et d’enquêtes approfondies.
Au Monde, Plenel a été étroitement associé à certaines des enquêtes politiques les plus importantes du journal. Il a dirigé des équipes de journalistes enquêtant sur des scandales liés au gouvernement et aux services de renseignement. Le Monde a notamment révélé l’affaire du sabotage en 1985 du navire de Greenpeace Rainbow Warrior par des agents secrets français en Nouvelle-Zélande, exposant le rôle clandestin des services de renseignement français. Plenel a également supervisé la couverture d’autres affaires très médiatisées, notamment l’affaire des « Irlandais de Vincennes », un scandale antiterroriste de 1982 impliquant de fausses preuves fabriquées par une unité antiterroriste.
Ces enquêtes ont renforcé sa réputation de rédacteur d’investigation intrépide, déterminé à demander des comptes au pouvoir. Il a régulièrement attiré l’attention sur des abus commis aux plus hauts niveaux de l’État, conformément aux principes du journalisme d’investigation français. En novembre 2004, après une décennie à la tête des opérations éditoriales du journal, Plenel a annoncé sa démission de son poste de directeur de la rédaction. Il a officiellement quitté Le Monde en 2005, refermant un long et influent chapitre au sein du quotidien.
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Livres et écrits publics sur le journalisme, le pouvoir et la liberté de la presse
Parallèlement à son travail en rédaction, Plenel a construit une œuvre importante consacrée aux médias et à la démocratie. Il est l’auteur d’environ quarante livres et essais, dont beaucoup portent sur le journalisme, le pouvoir et le droit du public à savoir. Parmi eux figurent Le journaliste et le président (2006), qui analyse la relation entre la presse et la présidence, et Combat pour une presse libre (2009), un manifeste pour une presse libre et indépendante. Parmi ses autres titres notables figurent Le droit de savoir (2013), consacré au droit des citoyens à l’information, et La valeur de l’information (2018), sur la valeur d’une information fiable.
Ses écrits insistent constamment sur la liberté de la presse. Comme il l’a averti dans une interview, « non seulement la vérité est en danger, mais la liberté de vérité est en danger », reflétant sa conviction que la démocratie dépend de médias courageux.
Plenel a également travaillé comme enseignant. Il a donné des cours universitaires et des séminaires sur le journalisme et l’éthique des médias dans des institutions telles que l’Université de Montpellier, l’Université de Neuchâtel en Suisse et l’École Normale Supérieure à Paris. À travers ses livres, ses essais et ses interventions publiques, Plenel est devenu une voix majeure sur le journalisme et la transparence dans la société.
Cofondation de Mediapart en 2008 comme journal numérique indépendant
Après avoir quitté Le Monde, Plenel a lancé une nouvelle aventure. En 2008, il s’est associé à d’anciens collègues, notamment François Bonnet, Laurent Mauduit et Marie-Hélène Smiejan, pour lancer Mediapart, un média d’information en ligne. Dès le départ, Mediapart a été conçu comme un journal numérique entièrement financé par ses abonnés, sans publicité, investisseurs ni subventions publiques. Les fondateurs ont réuni le capital de départ grâce à leurs propres économies et à des soutiens privés, faisant de l’indépendance éditoriale un engagement central.
Plenel est devenu l’éditeur et le premier président de Mediapart. Sous sa direction, Mediapart s’est donné pour mission de pratiquer un journalisme d’investigation approfondi « n’appartenant qu’à ses lecteurs ». Cette indépendance, reflétée dans des slogans tels que « Mediapart : seuls nos lecteurs peuvent nous acheter », a défini le modèle du média.
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Croissance de Mediapart grâce au journalisme d’investigation par abonnement
La croissance de Mediapart sous Plenel a d’abord été progressive, puis s’est accélérée à mesure que le média gagnait en influence. Dans ses premières années, le site a attiré des lecteurs payants grâce à de longues enquêtes détaillées accessibles uniquement aux abonnés.
Une avancée majeure a eu lieu en 2010 avec les révélations de Mediapart sur l’affaire Woerth-Bettencourt, un scandale impliquant un ministre des Finances et l’héritière Liliane Bettencourt. Cette enquête a fortement accru la notoriété du site et a entraîné un quasi-doublement de sa base d’abonnés en quelques mois. En décembre 2012, Mediapart a révélé que le ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, détenait un compte bancaire non déclaré à l’étranger. Cahuzac a d’abord nié les accusations, puis a démissionné sous la pression avant d’être finalement condamné pour fraude fiscale. L’enquête Cahuzac a encore renforcé la réputation de Mediapart et attiré des dizaines de milliers de nouveaux abonnés.
À la fin de sa deuxième décennie, Mediapart était devenu l’un des médias indépendants les plus prospères de France. Les abonnements ont augmenté chaque année, atteignant environ 140 000 lecteurs payants en 2018 et plus de 230 000 à la fin de 2024. En 2024, le chiffre d’affaires annuel du média a atteint environ 25 millions d’euros, dont près de 99 % provenaient des abonnements.
Plenel a toujours souligné que les choix éditoriaux de Mediapart devaient servir l’intérêt public. Comme il l’a formulé, « dans le choix de nos sujets, notre seul critère est l’intérêt public ». Le modèle d’investigation financé par les abonnés a permis à Mediapart de révéler de nombreuses autres affaires, notamment des allégations de financement libyen non déclaré de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 et des révélations dans le feuilleton judiciaire de la famille Bettencourt, sans ingérence éditoriale.
Direction de Mediapart jusqu’à sa transition en 2024
Depuis le lancement de Mediapart jusqu’en mars 2024, Plenel a dirigé le média au plus haut niveau. Il a été président et directeur de publication de 2008 à 2024, supervisant à la fois son orientation journalistique et son modèle économique conçu pour protéger son autonomie. En 2019, il a également contribué à la création du Fonds pour une Presse Libre, une structure à but non lucratif créée pour protéger la propriété et l’indépendance de Mediapart sur le long terme. Sous la direction de Plenel, Mediapart est devenu connu pour sa stabilité financière et sa forte indépendance éditoriale.
Au début de 2024, Plenel a choisi de transmettre la direction quotidienne. En mars 2024, la rédaction de Mediapart, suivant la proposition de Plenel, a élu la journaliste Carine Fouteau comme nouvelle présidente et directrice de publication du média. Fouteau était rédactrice à Mediapart depuis sa fondation. Ce changement relevait d’une transition planifiée plutôt que d’une crise, et Plenel est resté dans l’équipe comme journaliste et éditeur senior. À ce moment-là, il avait 71 ans, et la base d’abonnés ainsi que l’influence de Mediapart étaient plus fortes que jamais.
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Travail actuel : contributions à Mediapart, L’échappée et commentaires médiatiques
Après avoir quitté la présidence, Plenel est resté actif comme journaliste et commentateur public. Il continue d’écrire pour Mediapart, en contribuant à des enquêtes et à des articles d’opinion sur la politique, l’éthique des médias et les droits humains. Il anime également L’échappée, une série mensuelle d’entretiens vidéo sur Mediapart. Dans chaque épisode, accessible gratuitement à tous les lecteurs, Plenel mène des conversations approfondies avec des penseurs, écrivains et militants sur des enjeux et des idées contemporains, avec l’objectif d’encourager l’espoir et la réflexion.
À travers ce travail, il reste engagé dans le débat public et l’analyse des médias. Plenel demeure une voix importante dans les discussions sur la liberté de la presse et la démocratie en France.
La carrière d’Hervé Edwy Plenel s’étend du journalisme politique militant à deux décennies et demie au Monde, puis à la création d’une plateforme d’information numérique pionnière. À travers ces différentes étapes, il a mis l’accent sur la rigueur investigative et l’indépendance éditoriale. De la direction d’enquêtes majeures à l’écriture de livres sur l’importance d’une presse libre, en passant par la construction d’un média financé par ses lecteurs, la carrière de Plenel a été définie par la volonté de demander des comptes au pouvoir et de défendre l’intégrité journalistique.
Fortune d’Hervé Plenel
La fortune d’Hervé Plenel reste privée, sans chiffre public officiellement vérifié disponible en 2026. Ses revenus proviennent de sa carrière dans le journalisme et l’écriture : il a cofondé le site d’information en ligne Mediapart et en a été le président et directeur de publication jusqu’en 2024, des fonctions pour lesquelles il percevait un salaire. Il a également occupé des postes d’enseignement universitaire et publié environ quarante livres, générant des droits d’auteur. Les montants précis de ses revenus issus de ces sources ne sont pas rendus publics.
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FAQ
- FAQ 1 : Hervé Plenel est-il la même personne qu’Edwy Plenel ?
Oui. Hervé Edwy Plenel est connu professionnellement sous le nom d’Edwy Plenel, journaliste et écrivain français. - FAQ 2 : Pourquoi Hervé Plenel est-il surtout connu professionnellement ?
Hervé Plenel est surtout connu pour son rôle éditorial majeur au Monde et pour avoir cofondé Mediapart, le média d’investigation français lancé en 2008. - FAQ 3 : Hervé Plenel dirigeait-il encore Mediapart en 2026 ?
Non. Il a été président et directeur de publication de Mediapart depuis son lancement jusqu’en 2024, puis a continué à contribuer à la publication. - FAQ 4 : Qui a remplacé Hervé Plenel à Mediapart ?
Carine Fouteau a remplacé Edwy Plenel comme présidente et directrice de publication de Mediapart le 14 mars 2024. - FAQ 5 : Quel était le modèle économique de Mediapart sous Hervé Plenel ?
Sous Hervé Plenel, Mediapart fonctionnait comme un journal en ligne par abonnement, sans publicité, un modèle lié à son indépendance éditoriale.
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